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Les différentes définitions de la monnaie

La Théorie Monétaire Moderne

Histoire de la Monnaie

La Théorie Monétaire Moderne

  • Principes de la théorie monétaire moderne
  • Rôle des impôts dans la MMT
  • Critique de la MMT

Principes de la théorie monétaire moderne

Pour finir cette section au sujet des différentes théories monétaires, nous allons parler de l'enfant prodige des théories monétaires, admirée de plusieurs économistes modernes qui travaillent pour des banques centrales et j'ai nommé la théorie monétaire moderne souvent connue sous le nom de MMT.
La théorie monétaire moderne (MMT – Modern Monetary Theory) est une approche économique selon laquelle un État disposant de sa propre monnaie souveraine (comme les États-Unis, le Canada ou le Japon) ne peut jamais manquer d'argent, puisqu'il peut toujours émettre davantage de monnaie pour financer ses dépenses. Selon cette théorie :
La monnaie est une création de l'État, et non une ressource limitée.
  • Les impôts et les emprunts ne servent pas directement à financer les dépenses publiques, mais plutôt à réguler l'inflation, à influencer le comportement économique et à maintenir la demande pour la monnaie nationale.
    La véritable limite aux dépenses gouvernementales est l'inflation, et non le déficit budgétaire ou la dette publique. Si la monnaie créée se dirige vers des secteurs qui peuvent l'absorber, il n'y aura pas non plus d'inflation. Le gouvernement doit donc ajuster ses dépenses en fonction des ressources réelles disponibles (main-d'œuvre, capacités industrielles, ressources naturelles) pour éviter une inflation excessive.

Rôle des impôts dans la MMT

Donc ici, vous trouverez la fameuse réponse à tous ceux qui se disent "Ouais, mais si on peut imprimer de la monnaie, pourquoi on paie des impôts?" Eh bien, la MMT répond de la bonne façon à cette idée. C'est vrai que dans le système fiat, dans le système moderne, techniquement, il n'y a rien qui limite la création monétaire, à part l'inflation. Mais justement, eux vont nous proposer que, de un, l'impôt est nécessaire pour limiter cette inflation, puisqu'elle va retirer de la monnaie de l'économie. Donc, si on n'a pas d'impôt pour compenser, toute cette création monétaire pourrait à terme créer de l'inflation. Les impôts, selon eux, c'est littéralement une façon de retirer de la monnaie dans le système pour limiter l'inflation.
Au sujet de la monnaie investie dans les secteurs qui peuvent l’absorber, on peut mentionner l’exemple des États-Unis qui donne des milliers de milliards de dollars à l'industrie militaire, ça ne cause pas d'inflation parce que l'industrie militaire, le complexe militaro-industriel puisqu'il est tout à fait capable d'absorber ces milliers de milliards de dollars.
Par contre, si vous voulez construire plus de routes et qu'il y a une limite aux ressources et aux entrepreneurs qui pourront produire lesdites routes, si vous doublez le budget pour les routes, nécessairement, ça va créer un effet de rareté sur la main-d'oeuvre qui pourra créer ces routes. Donc le prix va augmenter de par les forces du marché, par l'offre et la demande. Si nos grands dirigeants omniscient savent où mettre la monnaie, techniquement, ça ne devrait pas causer l'inflation. Et moi, je leur répondrais que, dans la pratique, on voit très bien que ça crée de l'inflation.
En conclusion, selon la MMT, l'État peut utiliser sa capacité de création monétaire pour atteindre le plein emploi, financer des investissements sociaux et écologiques, tout en contrôlant l’inflation par une politique fiscale adaptée. C'est souvent aussi le but des économistes keynésiens, qui est une autre école de pensée économique, de gérer le chômage par la gestion des taux d'intérêt. Financer des investissements sociaux et écologiques tout en contrôlant l'inflation par une politique fiscale adaptée.

Critique de la MMT

Cette théorie ne s’applique qu’à une poignée de pays (voir tweet de Stephanie Kelton) qui jouissent d’une vraie souveraineté monétaire c'est-à-dire qu’ils peuvent lever de la dette dans leur propre monnaie. Cette théorie s'applique difficilement aux économies dépendantes des importations, qui doivent maintenir la confiance internationale dans leur monnaie.
Et qu’est-ce qu’une vraie souveraineté monétaire? C'est qu'on peut lever sa dette dans sa propre monnaie. Il faut être en mesure d'avoir un surplus commercial pour avoir assez de réserves de monnaie, de devises étrangères pour ne pas être obligé de lever des fonds dans les devises étrangères pour pouvoir importer des denrées. Ça concerne une poignée de pays.
J'ai un tweet ici de, justement, Stéphanie Kelton, qui est une espèce de poster woman de ce mouvement, qui a écrit un livre qui s'appelle "The Deficit Myth", qui mentionne dans un de ses tweets que différents pays comme les États-Unis, le Japon, le Canada, l'Australie, le Royaume-Uni, ne peuvent pas manquer de monnaie.
Étrangement, elle ne liste que six pays ? Pourquoi ? Parce qu'ils ont une vraie souveraineté monétaire. Mais il y a environ 200 pays sur la Terre et ils n'ont pas tous une souveraineté monétaire. Donc, ce que je reproche à cette théorie, en plus d'être un peu étrange et non fonctionnelle, c'est qu'elle ne fonctionne que pour quelques pays qui jouissent d'une vraie souveraineté monétaire, ceux qui peuvent émettre des bons du trésor dans leur propre monnaie. Et ça se fait un peu au détriment du reste du monde. C'est comme si, en créant cette monnaie, ils exportaient leur inflation ailleurs, comme les États-Unis font avec leur privilège exorbitant depuis des décennies. C'est presque une espèce de forme de colonialisme monétaire où les pays qui jouissent d'une confiance à l'échelle mondiale et d’une demande pour leur monnaie pour acheter des biens qu'ils produisent, peuvent imprimer de la monnaie autant qu'ils veulent sans trop causer l'inflation parce qu'en général, ils l'exportent.
Cette théorie s'applique difficilement aux économies dépendantes des importations qui doivent maintenir la confiance internationale dans leur monnaie.
Aussi, cette théorie nécessite un certain niveau de planification centralisée de l’économie notamment pour assurer le une surveillance accrue sur les ressources réelles (travailleurs, matières premières, capacités industrielles) et pour gérer l’inflation.