Quand les gros maigrissent, les maigres meurent.
Cette citation, attribuée à Lao-Tseu, décrit la conséquence inévitable d’une fiscalité qui consiste à frapper les riches plus fortement que les autres.
Pourtant, ne vous est-il jamais arrivé d'entendre dire :
L'impôt, c'est le meilleur placement : c'est une rosée fécondante ! Voyez combien de familles il fait vivre, et suivez, par la pensée, ses ricochets sur l'industrie : c'est l'infini, c'est la vie.
En France, où il est admis que la dépense publique est un bienfait, les impôts sont plus élevés que dans d’autres pays. Mais Bastiat nous avertit d’emblée : "Dans toute dépense publique, derrière le bien apparent il y a un mal plus difficile à discerner".
De quoi s’agit-il ?
L’économie décrit les effets, bons ou mauvais, des décisions politiques sur nos vies. Or, selon Bastiat, l’économiste doit être attentif, non pas seulement à leurs effets à court terme sur un groupe particulier mais plutôt à leurs conséquences à long terme pour la société dans son ensemble.
"Ce qu'on voit, c'est le travail et le profit permis par la cotisation sociale. Ce qu'on ne voit pas, ce sont les travaux auxquels donnerait lieu cette même cotisation si on la laissait aux contribuables. Ce qu'on voit c'est le travail et le profit permis par la cotisation sociale. Ce qu'on ne voit pas, ce sont les travaux auxquels donnerait lieu cette même cotisation si on la laissait aux contribuables." F.Bastiat
Dès lors, il réfute l’argument, toujours actuel, qui veut que les dépenses publiques financées par l’impôt créent de l’emploi. En effet, l’impôt ne crée rien puisque ce qui est dépensé par l’État n’est plus dépensé par les contribuables.
Or l’État est plus dispendieux que les particuliers. En effet, rappelle-t-il, l’État n’a rien, il ne produit aucune richesse. La dépense publique est donc souvent une source de gaspillage parce que les sommes immenses qui sont confisquées aux individus, échappent à la responsabilité de leurs propriétaires et sont dépensées à leur place par des bureaucrates, soumis à des groupes de pression.
Bien sûr, comme paiement d’un service public équivalent reçu en échange, l’impôt est tout à fait défendable. Mais en France l’État a assigné plusieurs rôles à l’impôt.
Au départ, il devait seulement couvrir les dépenses communes. Puis on a également donné à l’impôt un rôle de régulation de l’économie. Dans ce cas les politiciens et les bureaucrates ont un pouvoir qui n’est limité que par leur bon vouloir. Tout à leurs constructions artificielles ils modèlent l’économie en taxant et réglementant plus ou moins les secteurs selon que leur caprice veut les favoriser ou les défavoriser.
Enfin on a assigné à l’impôt un rôle social à remplir. On en a fait un instrument de la justice sociale. Ainsi l’impôt ne doit pas frapper tout le monde de la même manière. L’impôt doit être redistributif, de ceux « qui ont le plus » vers ceux « qui ont moins ».
Le problème c’est que l’impôt ainsi conçu est soumis à l’arbitraire de celui qui détient le pouvoir. Il favorise ou défavorise telle ou telle catégorie sociale selon que le pouvoir en attend des voix ou pas. De plus les taux progressifs rapportent peu au trésor public. En revanche ils permettent à la majorité d’exproprier une minorité et deviennent naturellement confiscatoires.
C’est pourquoi Bastiat avait déjà compris la courbe de Laffer. Arthur Laffer est un économiste américain connu pour sa fameuse « courbe » (une ellipse), publiée en 1974, qui montre que le rendement de l’impôt augmente avec la baisse du taux d’imposition. C’est la théorie du rendement décroissant de l'impôt abusif.
Les politiciens supposent naïvement qu'il existe une relation automatique et fixe entre les taux d'imposition et les recettes fiscales. Ils pensent qu'ils peuvent doubler les recettes fiscales en doublant le taux d’imposition. Selon Laffer, une telle approche néglige le fait que les contribuables peuvent modifier leur comportement en réponse à de nouvelles incitations.
La courbe de Laffer montre que le gouvernement ne perçoit aucun revenu lorsque les taux d'imposition est de 100%. À l'opposé, toute diminution de l'impôt a pour effet de stimuler l'activité économique et donc les recettes de l’État. En effet, la réduction des taux marginaux d'imposition, stimule l'investissement, le travail, la créativité et favorise ainsi la croissance économique. Une réduction suffisante pourrait produire suffisamment de relance économique et accroître les recettes publiques en élargissant considérablement l'assiette fiscale.
Bastiat pourrait ajouter qu’on doit accorder autant d'importance aux diminutions des dépenses de l’État qu'à celles des impôts. Quoi qu’il en soit, comme le disait si bien Margaret Thatcher, une disciple de Frédéric Bastiat :
L'idéal n'est pas de rendre les riches pauvres, mais de rendre les pauvres riches ».
Et elle disait cela en s’adressant à des socialistes.
Quiz
Quiz1/5
eco2034.3
Quel problème principal Bastiat voit-il dans l'usage de l'impôt pour réduire les inégalités ?