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Du clic au terminal : maîtriser Linux

Linux, Windows, macOS : lequel vous convient ?

Améliorer sa sécurité numérique personnelle

Linux, Windows, macOS : lequel vous convient ?

  • C'est quoi un système d’exploitation ?
  • Les principaux systèmes d’exploitation et leurs parts de marché
  • Windows : simplicité d’usage et compatibilité
  • MacOS : intégration et optimisation
  • GNU/Linux : liberté, contrôle et sécurité
  • Quel système d’exploitation choisir pour vous ?
Commençons ce cours SCU 202 par la base : le système d'exploitation (OS) de votre ordinateur. C’est lui qui conditionnera non seulement le choix de votre matériel informatique, mais également votre sécurité, votre confort d’usage et votre capacité à personnaliser votre machine.
Avant d’entrer dans les détails techniques de Linux dans les prochains chapitres, il est important de comprendre les grandes différences entre les trois systèmes les plus répandus : Windows, macOS et donc GNU/Linux. Dans ce chapitre, nous allons étudier chaque solution, afin d'en identifier les forces et les limites, puis de faire un choix éclairé et adapté à vos usages.

C'est quoi un système d’exploitation ?

Un système d’exploitation est un ensemble de programmes centraux qui agit comme intermédiaire entre l’utilisateur, les applications (qui sont également des logiciels) et le matériel informatique, c'est-à-dire, votre ordinateur. Il constitue la couche logicielle de base qui permet l’exploitation des ressources matérielles d’un ordinateur (processeur, mémoire, disques, périphériques...).
Concrètement, le système d'exploitation reçoit, traite puis répond aux requêtes émises par vos logiciels, en utilisant au mieux les ressources de l'ordinateur à sa disposition. C’est lui qui gère l’exécution simultanée de plusieurs programmes, pilote les composants du PC, gère les connexions, permet la gestion des fichiers, et assure la sécurité des données grâce à des mécanismes d’autorisation et d’authentification.
Sans système d’exploitation, chaque logiciel devrait intégrer son propre mode de communication avec le matériel, ce qui rendrait presque impossible les interactions entre différents programmes. Son rôle est donc essentiel.
C'est d'ailleurs de cette manière que fonctionnaient les premiers ordinateurs. Le tout premier système d’exploitation, GM-NAA I/O, n'arrive qu'en 1956. Il introduit le traitement par lots, qui automatise la gestion des tâches. Les années 1960 voient ensuite apparaître la multiprogrammation et le partage de temps avec CTSS (1961) et Multics (1969), qui permettent à plusieurs utilisateurs d’interagir simultanément avec un même système. Puis, dans les années 1970, l'invention d'Unix révolutionne l’informatique avec sa portabilité, sa gestion du multitâche et sa simplicité.

Les principaux systèmes d’exploitation et leurs parts de marché

Aujourd’hui, le marché des systèmes d’exploitation est dominé par trois grandes familles : Windows, macOS et GNU/Linux.
Selon les statistiques actuelles, Windows représente toujours la majorité des installations sur les ordinateurs personnels, avec environ 71 % de parts de marché. Cette domination s’explique par une combinaison de facteurs historiques, économiques et techniques :
  • Depuis les années 1990, Windows est installé par défaut sur la majorité des ordinateurs vendus, ce qui a généré une familiarité massive auprès du public. Microsoft a rapidement noué de nombreux accords OEM (contrats par lesquels les fabricants de PC préinstallent Windows), ce qui a ainsi créé une inertie difficile à freiner.
  • Bien que cette tendance évolue lentement, Windows s’est très tôt imposé comme le standard dans le monde professionnel. En dehors de secteurs spécifiques comme la tech, la quasi-totalité des entreprises fonctionne encore sur des machines Windows.
  • La large base d’utilisateurs a encouragé les développeurs à créer leurs logiciels en priorité pour Windows, afin de toucher le plus grand nombre. En retour, la richesse de l’écosystème applicatif attire de nouveaux utilisateurs, ce qui créée un cercle vertueux.
  • Enfin, cette hégémonie est également renforcée par l’image perçue des systèmes concurrents : Linux reste souvent considéré comme trop technique pour le grand public (et reste méconnu de la majorité), tandis que macOS, lié exclusivement aux produits Apple, est souvent perçu comme onéreux.
MacOS, quant à lui, se situe autour de 16 % de parts de marché et est généralement choisi pour son intégration optimale avec le matériel Apple. Le choix de ce système d’exploitation est d’ailleurs renforcé depuis quelques années par les performances des Mac, grâce à l’introduction des puces Apple Silicon. Ce tournant majeur a marqué l’abandon des processeurs Intel x86 au profit d’une architecture ARM, plus efficace en matière de performance et de consommation énergétique.
Linux reste minoritaire sur les ordinateurs personnels (environ 4 %), mais domine largement les serveurs (environ 63 %) et les supercalculateurs (100 %), grâce à sa stabilité et à ses performances.
Par ailleurs, on retrouve Linux massivement intégré dans les équipements embarqués, tels que les routeurs, les télévisions connectées, les smartphones (Android étant basé sur un noyau Linux) et même dans l’industrie automobile. Windows conserve une forte implantation en entreprise, tandis que macOS est privilégié par les professionnels dans certains secteurs spécifiques.
Important : Le noyau est le composant central du système d’exploitation : il orchestre l’accès au matériel (processeur, mémoire, périphériques), arbitre l’exécution simultanée des processus, applique les politiques de sécurité et expose aux programmes une interface uniforme qui masque la complexité des circuits électroniques. Autrement dit, il sert d’intermédiaire entre l'environnement logiciel (bibliothèques, pilotes, shell, services, outils d’administration, interface graphique...) et la machine.

Windows : simplicité d’usage et compatibilité

Windows est un système d’exploitation propriétaire développé par Microsoft. Il équipe la majorité des ordinateurs personnels dans le monde. Historiquement, il était apprécié pour sa simplicité d’utilisation et son interface intuitive. Toutefois, cet avantage est aujourd’hui discutable : l’interface de macOS est elle aussi très accessible, et de nombreuses distributions Linux ont une interface adaptée au grand public (nous y reviendrons dans les chapitres suivants).
Pour un utilisateur peu expérimenté ou aux besoins limités (bureautique, multimédia, navigation web), Windows peut constituer une porte d’entrée simple, qui bénéficie d’une vaste documentation et d’une prise en main rapide. Mais dans les faits, le seul domaine dans lequel Windows surpasse clairement macOS et Linux reste celui du jeu vidéo.
L’un des atouts majeurs de Windows est la richesse de son écosystème logiciel : quasiment tous les programmes commerciaux (suites bureautiques, logiciels professionnels, jeux vidéo ou encore pilotes matériels) sont compatibles avec Windows. Pour les utilisateurs qui recherchent une solution prête à l’emploi avec peu de configuration, cela peut être un choix cohérent.
Cependant, cette accessibilité a un coût. Windows est un système fermé, centralisé, dont le code source n’est pas public. Aucune vérification indépendante n’est possible, ce qui pose des limites évidentes en matière de transparence et de sécurité. Par ailleurs, la collecte de données (télémétrie) est omniprésente sur Windows et souvent activée par défaut, sans réel consentement éclairé ou possibilité de contrôle.
Sur le plan de la sécurité, Windows est une cible privilégiée pour les logiciels malveillants. Sa popularité et certaines failles structurelles historiques expliquent en partie cette situation. Des efforts ont certes été réalisés les dernières années (notamment avec Windows Defender et l'UAC), mais l’ensemble reste conçu dans une logique de facilité d'utilisation, plus que de résilience et de contrôle utilisateur.
Selon moi, Windows occupe une position centrale peu affirmée : il peut être sécurisé, mais l’est moins que Linux et macOS ; il laisse un certain contrôle, mais bien moins que Linux ; il n’est ni aussi performant que macOS, ni aussi simple que Chrome OS ou certaines distributions Linux destinées aux débutants. Il est moyen dans tous les domaines, sans être vraiment mauvais dans aucun (sauf en matière de confidentialité, par défaut).
Dans une démarche de souveraineté numérique et de maîtrise technique, Windows montre rapidement ses limites. Son modèle repose sur une relation déséquilibrée entre l’utilisateur et l’éditeur, au profit de ce dernier. Pour ceux qui souhaitent comprendre, personnaliser et sécuriser en profondeur leur ordinateur, c'est un système d'exploitation peu adapté. C’est pourquoi nous ne nous attarderons pas davantage sur Windows dans SCU 202.

MacOS : intégration et optimisation

MacOS est le système d’exploitation développé par Apple pour ses ordinateurs Mac. C'est un système héritier d’Unix, via le système NeXTSTEP, qui a été racheté par Apple en 1997. MacOS repose sur un noyau appelé "XNU", qui combine des éléments de BSD (Berkeley Software Distribution) et un micro-noyau Mach.
Cette base solide lui donne une bonne stabilité, une gestion efficace des ressources, et une architecture relativement sécurisée par défaut. À cela s’ajoute une interface graphique particulièrement soignée, pensée pour une expérience utilisateur fluide.
L’un des atouts majeurs de macOS réside dans l’intégration verticale du matériel et du logiciel. Apple contrôle toute la chaîne, de la conception des processeurs aux moindres détails de l’interface. Résultat : un système globalement fiable, avec peu de bugs matériels, et optimisé pour les performances.
Cependant, cette intégration a pour inconvénient un enfermement croissant dans l’écosystème Apple. MacOS est un système en partie propriétaire (dont le code source est majoritairement fermé) et qui ne fonctionne que sur les machines fabriquées par Apple. L’utilisateur n’a que peu de contrôle sur les mises à jour, les options de configuration système avancées ou le choix de ses composants matériels. Le matériel est difficilement modifiable ou réparable, souvent verrouillé logiciellement.
Côté respect de la vie privée, bien que macOS soit moins intrusif que Windows, il reste lié à une logique de collecte de données, de synchronisation cloud, et de dépendance à des services centralisés. La plupart des fonctions avancées du système reposent sur une connexion permanente à l’écosystème Apple (iCloud, App Store, Siri…), ce qui limite l’indépendance de l’utilisateur.
MacOS peut convenir aux utilisateurs qui valorisent la performance, la stabilité et le confort d’un système bien intégré, sans avoir à se plonger dans les détails techniques. En revanche, dans une démarche de souveraineté numérique et de contrôle de son environnement informatique, il s’avère trop fermé, trop dépendant d’une entreprise unique, et peu propice à une personnalisation fine. C'est pourquoi nous n'en parlerons pas plus dans ce cours SCU 202.

GNU/Linux : liberté, contrôle et sécurité

GNU/Linux se distingue fortement des deux précédents par son modèle libre et open source. À la différence de Windows ou macOS, Linux n’est pas développé par une unique société, mais par une communauté mondiale de développeurs. Ce modèle communautaire garantit transparence, sécurité et flexibilité. Linux offre un contrôle total à ses utilisateurs, ce qui permet une personnalisation complète de l’environnement de travail. C'est intéressant particulièrement pour les utilisateurs avancés, les développeurs ou ceux qui souhaitent maîtriser parfaitement leur environnement numérique.
Le principal atout de Linux réside dans sa robustesse, sa stabilité et son haut niveau de sécurité. Étant open source, son code est auditable par tout utilisateur ou organisme, ce qui limite fortement les risques de logiciels malveillants ou de portes dérobées. Linux est très performant, consomme généralement moins de ressources que Windows, et se montre particulièrement adapté aux configurations matérielles modestes ou à usage intensif tel que le calcul, l’administration de serveurs ou la cybersécurité.
Cependant, Linux présente aussi une certaine complexité pour les débutants. La multiplicité des distributions Linux disponibles peut dérouter les utilisateurs non initiés. De même, la prise en main initiale, bien que simplifiée par certaines distributions, peut nécessiter un apprentissage préalable pour maîtriser correctement le système, notamment en raison d'une utilisation régulière du terminal (ligne de commande). Cela tombe bien, c'est justement l'objectif de cette première partie du cours SCU 202 !

Quel système d’exploitation choisir pour vous ?

Votre choix dépendra principalement de vos besoins et de vos attentes :
  • Si vous recherchez la simplicité, une très large compatibilité matérielle et logicielle (notamment pour les jeux vidéo), ainsi qu’une utilisation généraliste, Windows peut être une bonne option. Il faut toutefois être conscient de ses limites en termes de performance, de sécurité et de confidentialité ;
  • Si vous recherchez une intégration optimale entre votre matériel et votre système, une ergonomie soignée, une sécurité relativement bonne sans avoir à effectuer de configurations avancées, et que vous possédez déjà ou souhaitez intégrer l'écosystème Apple, macOS est naturellement adapté ;
  • Enfin, si vous recherchez avant tout la sécurité, la stabilité, la performance et une maîtrise approfondie de votre environnement numérique, tout en étant prêt à investir du temps pour apprendre à utiliser votre système d’exploitation, Linux est une excellente option, particulièrement dans un contexte où l'autonomie technique et la souveraineté numérique sont prioritaires.
Dans les prochains chapitres de cette section sur le système d'exploitation, je vous accompagnerai plus en profondeur sur Linux, précisément parce qu'il permet ce contrôle accru sur votre environnement numérique personnel.
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Quel est le principal inconvénient de l’écosystème macOS ?